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17 février 2019
 
 
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  Le mouvement fauve
Le Fauvisme débute sa courte carrière vers 1899 et se termine vers 1908. Le terme est lancé par le journaliste et critique Louis Vauxcelles alors qu’il visite le Salon d’Automne de 1905.

La salle principale présente en son milieu, un torse italianisant du sculpteur Marquet. Alors qu’il cherche à définir cette salle, Louis Vauxcelles dit : La candeur de ce buste surprend au milieu de l’orgie de tons purs : c’est Donatello au milieu des fauves.

Cette « cage aux fauves » présente les peintures de Camoin, Matisse, Rouault, Flandrin, Marquet, de tous les élèves de Gustave Moreau. Dans la salle contiguë, sont proposés Derain, Van Dongen, de Vlaminck, mais pas d’œuvres de Dufy et de Braque, qui à cette même période travaillent sur la couleur. Et l’on constate que le Salon d’Automne de 1905 est la consécration d’une peinture qui existe depuis plus de cinq ans, la consécration d’artistes ne se connaissant pas au départ.

Le Fauvisme réunit en effet, durant une courte période les principaux peintres du début du XXe siècle dont Matisse, Derain, Vlaminck et Van Dongen. Il peut se définir comme une phase commune de recherches scellée par le scandale plus qu’un mouvement doté d’un vrai programme d’études. Les peintres exaltent la couleur pure, rejettent la perspective et les valeurs classiques, ainsi que l’espace, la lumière, le naturalisme. Il naît au point de rencontre de trois tendances : le post-impressionnisme, et les peintures de Gauguin et de Van Gogh.

La leçon de Gauguin est surtout axée sur l’interprétation du peintre diffusée dans les ateliers vers 1890 auprès des futurs Nabis par Sérusier. Sont également étudiées ses réflexions théoriques malgré le fait que les couleurs sourdes et suaves qu’il emploie restent en deçà de ses déclarations sur les couleurs pures. Il demeure que dans certaines œuvres de Derain, de Vlaminck et Matisse, peintres chez qui l’influence de Gauguin s’épanouit, un écho de son cloisonnisme et de son organisation de la couleur, en aplats ou cernée d’arabesque, de son arbitraire poétique dans les coloris trouve un formidable écho.

Parmi les peintres post-impressionnistes ayant inspirés les peintres fauves, on peut y retrouver les mosaïques violemment colorées de Cross et Signac. Tous portent un grand intérêt à l’ouvrage écrit par Signac, D’Eugène Delacroix au Néo-impressionnisme, histoire d’une libération progressive de la couleur. Chez Matisse et Marquet, on retrouvera le pointillisme développé par Signac dès 1898. Matisse s’astreint d’ailleurs à la touche pointilliste et joue à associer des couleurs pures complémentaires. A la même époque, Valtat envoie au Salon des Indépendants des paysages aux larges touches et aux couleurs violentes, qui font de lui le précurseur du Fauvisme.

Quant à Van Gogh, la rétrospective organisée en 1901 fait l’effet d’une révélation aux nombreux peintres : il leur apporte une leçon de construction du tableau par la touche colorée, bien plus que Gauguin ou le post-impressionnisme ne pouvaient le faire. Cet esprit est d’ailleurs le plus visible dans les œuvres de Derain, Matisse, Friesz et de Vlaminck qui s’écriera en sortant de l’exposition : j’aime plus Van Gogh que mon père.

Vauxcelles lance le mouvement fauve qui ouvrira la porte à bien d’autres au XXe siècle. Lu public comme la critique sont choqués par ces œuvres : l’impressionnisme lui-même souffre encore d’une forme de rejet. Et ce n’est que dans les années 30 alors que le courant est terminé depuis plusieurs années, que le terme de fauvisme n’est plus employé péjorativement.
Date : 18 Avril 2003